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Roots to Harvest est un organisme sans but lucratif qui offre des possibilités d’emploi et d’éducation expérientielle à Thunder Bay, en Ontario. Il a pour mission d’utiliser la nourriture comme outil pour rapprocher les gens, créer un sentiment d’appartenance et favoriser la dignité au moyen d’initiatives, d’activisme et de programmes porteurs de sens.

Les nombreux programmes de Roots to Harvest témoignent de l’ampleur de son mandat :

  • emploi jeunesse – durant l’été, on embauche; des jeunes de 16 à 30 ans pour travailler à deux fermes urbaines;
  • programmes scolaires dans les écoles publiques et les écoles financées par le gouvernement fédéral;
  • programmes d’éducation alimentaire axés sur la cuisine pour les nouveaux arrivants, les adultes et les jeunes dans une cuisine industrielle;
  • initiatives communautaires dans des communautés de Première Nation situées à proximité et accessibles par route;
  • activisme en matière d’emploi, de santé mentale, de soutien social, de pauvreté, d’antiracisme et de discrimination.

Dans le présent article de blogue, nous expliquerons les mesures prises par Roots to Harvest pour adapter ses programmes scolaires aux contraintes de la pandémie.

Les élèves d’une nouvelle école communautaire établie à KZA cuisinent à feu ouvert dans le cadre d’un programme d’éducation alimentaire.

Lorsque la COVID-19 a fait son apparition au printemps 2020, Roots to Harvest a suspendu certain de ses programmes, mais a fait un bond impressionnant pour accroître l’accès aux aliments sains grâce à plusieurs merveilleux partenariats. De mars à octobre 2020, l’organisme a réussi à distribuer bien au-delà de 150 000 repas dans sa communauté.

Ensuite, lorsque les écoles de Thunder Bay ont rouvert leurs portes à l’automne, la commission scolaire Lakehead Public School Board (LPSB) et la régie de la santé Thunder Bay District Health Unit (TBDHU) ont toutes les deux accueilli les programmes d’éducation alimentaire de Roots to Harvest à bras ouverts. En fait, on accorde tellement d’importance à ces programmes qu’on les a désignés « service essentiel » dans les écoles.

Forts de l’appui financier assuré par une modeste subvention communautaire, les responsables de Roots to Harvest ont décidé qu’ils pouvaient continuer d’offrir leurs activités d’éducation expérientielle en toute sécurité au moyen non seulement d’activités de jardinage, mais aussi de fantastiques cours de cuisine en plein air.

Filetage de poisson local avec des élèves dans l’aire de cuisine extérieure d’une école publique de Lakehead.

Ils ont poursuivi la récolte avec les élèves dans les jardins scolaires, ils ont apporté leur pressoir à cidre dehors et les élèves ont fait cuire des pizzas dans un four extérieur et ont préparé toutes sortes d’autres mets dehors, comme des pâtes, des crêpes, de la poutine et bien plus. Roots to Harvest a aussi beaucoup mis l’accent sur les aliments traditionnels : certains élèves ont appris à fileter le poisson dehors et d’autres ont même appris à dépecer le chevreuil et à en transformer la viande.

Atelier de dépeçage et de transformation de viande de chevreuil avec des élèves dans une école publique de Lakehead.

Les plus récents programmes de Roots to Harvest se concentrent surtout sur la cuisson à feu ouvert, ce qui s’est révélé une excellente façon de motiver les élèves. On a acheté des tabourets, des foyers portatifs et des brûleurs d’extérieur, et on a aménagé des aires de cuisine et de plus gros foyers sur le terrain de certaines écoles.

On cherche maintenant à aménager une aire de cuisine extérieure sur le terrain du siège social de Roots to Harvest. Celle-ci comprendra un four à pain, un foyer, une source d’eau et une remise pour le bois. Cependant, comme ce fut le cas pour de nombreux projets en 2020, la COVID-19 a ralenti la mise en œuvre de cette initiative, car il a fallu réduire le nombre de sorties et le transport en autobus en raison des protocoles de sécurité.

Aménagement extérieur : stations séparées pour permettre la distanciation.

Selon les résultats d’évaluation, les élèves raffolent des nouveaux programmes en plein air et disent ne jamais vouloir manquer une journée d’école si Roots to Harvest est là!

  • 94 % des élèves indiquent que leur assiduité s’améliore lorsqu’ils savent que Roots to Harvest sera présent.

  • 88 % des élèves affirment que leur engagement en classe augmente lorsque Roots to Harvest est présent.

  • Et lorsqu’on demande aux élèves ce que Roots to Harvest apporte à leur expérience en classe, ils répondent : « Ça nous donne l’occasion d’apprendre de différentes personnes », « Ça apporte du nouveau » et « On a l’impression d’en connaître plus sur les aliments locaux. »

QUESTIONS ET RÉPONSES

Pour en savoir plus sur les programmes de Roots to Harvest et ses réussites de la dernière année, lisez ci-dessous les réponses aux questions posées à Airin Stephens (AS).

Avec combien d’écoles avez-vous travaillé l’an dernier?

AS : De septembre 2020 à janvier 2021, Roots to Harvest a touché 474 élèves, a visité 62 classes et a passé 148 heures à animer des cours d’éducation expérientielle axée sur l’alimentation.

Roots to Harvest a adapté ses programmes scolaires pour respecter les protocoles de santé et de sécurité établis par la commission scolaire TBDHU et la régie de la santé LPSB. Ainsi, durant le premier quadrimestre, les programmes étaient axés sur les expériences de cuisine en plein air, ce que les élèves et le personnel ont beaucoup apprécié. Ensuite, durant le deuxième quadrimestre, nous avons eu la permission d’être à l’intérieur pour faire vivre des expériences en classe aux élèves, mais nous avons aussi continué les cours de cuisine à l’extérieur.

Cuisson de la courge Gete-okosomin à feu ouvert avec des élèves dans la classe d’apprentissage axé sur le territoire au pavillon KZ, à Thunder Bay

Où obtenez-vous les fonds pour financer ces programmes?

AS : Nous ne demandons rien aux écoles, alors une bonne partie de notre financement provient de collectes de fonds communautaires, de dons et de subventions. Et le salaire de certains de nos employés est assuré par la Société de gestion du Fonds du patrimoine du nord de l’Ontario (SGFPNO). Les gros montants et les donateurs fidèles sont importants, mais nous nous concentrons aussi sur les subventions plus modestes, comme celles que nous avons reçues en 2020 de la fondation communautaire de Thunder Bay et du Club Rotary de Thunder Bay.

Par exemple, nous avons reçu un peu d’argent (3 000 $) pour l’achat du matériel d’extérieur suivant :

  • plaque à frire portative au propane avec support;
  • poêles au propane à deux brûleurs (2);
  • foyer extérieur portatif;
  • tables d’extérieur (3);
  • station de lavage d’extérieur (savon, essuie-tout, contenants d’eau);
  • accessoires de cuisine d’extérieur (casseroles, poêlons, ustensiles, bols à mélanger, tasses à mesurer);
  • accessoires pour cuisson à feu ouvert (poêlons en fonte, faitouts, trépied);
  • extincteurs et gants de sécurité pour le feu;
  • 30 tabourets de camping avec trépied;
  • contenants pour mets à emporter (beaucoup!)

Je ne pourrai jamais en dire assez sur l’établissement de relations. Les relations sont essentielles et elles préparent le terrain pour le financement futur.

Pourriez-vous nous parler un peu plus de ces relations importantes et des partenariats qui ont contribué à votre succès?

AS : Il a été assez facile pour nous de plonger dans ces programmes en plein air parce que nous avions des relations de longue date avec la commission scolaire et la régie de la santé. Nous avons cultivé ces relations au fil du temps et c’est pourquoi l’année s’est aussi bien déroulée. Notre expérience de la pandémie aurait été tout à fait différente sans nos relations existantes avec des enseignants, administrateurs, communautés et organismes.

Par exemple, cela fait des années que Roots to Harvest offre des cours axés sur l’alimentation et collabore avec des enseignants à Thunder Bay. Chacun reconnaît le travail de l’autre et y fait confiance. Parce que nos programmes reposent sur cette relation, nous avons pu expérimenter avec ces enseignants et leurs élèves durant la pandémie, sachant fort bien que chacun respecterait les normes de sécurité.

Roots to Harvest travaille aussi en partenariat avec des communautés autochtones et divers organismes autochtones du Nord, ce qui nous a permis de trouver des solutions créatives et de développer des programmes novateurs pour ces communautés. Par exemple, Roots a été embauché pour faire partie d’un programme visant à subventionner l’éducation des élèves dans une communauté nordique où l’on a établi un nouveau programme scolaire plutôt que d’envoyer les élèves dans une école d’un village voisin. Chaque semaine, nos animateurs faisaient deux heures de route pour offrir des programmes d’éducation alimentaire et fournir un sac de nourriture pour les collations et déjeuners de la semaine (financé par le Programme d’alimentation saine pour les élèves) aux enfants et familles qui traversaient une période stressante et difficile. La communauté faisait confiance à Roots to Harvest et savait qu’on offrirait un programme porteur de sens pour les élèves.

Avec qui avez-vous collaboré concernant les mesures de sécurité?

AS : C’est l’équipe scolaire de la régie de la santé (Thunder Bay District Health Unit) qui décide des mesures à prendre, comme le port du masque, le service de repas par cohorte, etc. Par exemple, la régie nous a autorisés à préparer les repas sur le terrain de l’école, mais non à les manger sur place. Nous avons donc dû enseigner de nouvelles techniques de cuisson et ensuite diviser les mets en portions que les élèves emportaient à la maison dans des contenants.

Comment avez-vous eu la permission de faire des feux sur les terrains d’école?

AS : Nous avons un permis de la Ville de Thunder Bay qui nous autorise à faire des feux sur les terrains d’école, et nous devons bien sûr suivre certaines lignes directrices, comme faire les feux sur une dalle de béton et avoir des seaux d’eau à portée de la main. Le service des incendies est d’un grand soutien et nous communiquons régulièrement avec ses responsables pour leur faire savoir que nous faisons des feux.

La cuisson à feu ouvert est une activité très populaire auprès des élèves. Ils veulent souvent s’y attarder pour échanger et se raconter des histoires (tout en se tenant à une distance sûre de deux mètres les uns des autres).

Cuisson à feu ouvert en plein air, avec masques, tabourets et repas à emporter

Quelles sont les plus grandes préoccupations ou difficultés à surmonter lorsqu’on fait le virage vers l’éducation en plein air?

AS : Nos plus grandes préoccupations portaient sur des facteurs environnementaux et politiques, comme la météo, les éclosions de COVID-19 et les modifications rapides apportées aux protocoles de la COVID-19 par la commission scolaire.

Lorsque nous sommes passés aux activités strictement en plein air, il nous a fallu plus de temps de préparation et plus de matériel afin d’assurer des expériences positives, mémorables et sans danger pour les élèves. Il peut faire froid à Thunder Day, alors en hiver, les animateurs devaient prendre des précautions supplémentaires pour les cours de cuisine en plein air. Ils n’oubliaient jamais la question de proximité entre les élèves et rappelaient régulièrement aux jeunes la vue d’ensemble de la pandémie.

Enfin, l’équipe de Roots to Harvest était en constante communication avec les enseignants, les administrateurs et d’autres organismes pertinents pour s’assurer que la cuisson en plein air serait possible (p. ex., elle informait le service des incendies qu’il y aurait un feu à ciel ouvert sur le terrain de l’école).

Animez-vous encore des programmes à l’intérieur?

AS : À l’automne 2020, nos activités scolaires se déroulaient à l’extérieur, près de notre salle de classe portative. Plus tard, nous avons commencé à animer des programmes en classe. Durant cette période, nous avons suivi tous les protocoles de sécurité pour la COVID-19 et la salubrité alimentaire. À l’heure actuelle, soit depuis mars 2021, nous n’animons aucun programme à l’intérieur, car nous sommes en situation de confinement et les élèves ne sont pas à l’école. Nous prévoyons retourner dans les écoles lorsque les élèves reprendront l’apprentissage en présentiel.

Quelles activités ont semblé susciter particulièrement l’enthousiasme des élèves?

Utilisation du pressoir à cidre avec des jeunes

AS : Les élèves ont vraiment aimé cuisiner et se réunir autour d’un feu à ciel ouvert. Les rencontres autour d’un feu ont un effet rassembleur : les conversations se déroulent tout naturellement pendant que les gens préparent la nourriture, cuisinent et mangent. Le feu se prêtait également bien à la préparation de pizza à l’extérieur. Les élèves préparaient la pâte et la sauce maison et y ajoutaient leurs garnitures préférées pour ensuite faire cuire leur pizza au feu de bois dans un four extérieur.

Les élèves ont aussi aimé transformer les aliments, par exemple fileter du poisson dehors ou transformer des pommes en cidre fraîchement pressé.

Finalement, ce que de nombreux élèves ont surtout aimé, ce fut de découvrir, en théorie et par la pratique, qu’on peut transformer un aliment de base en délicieux repas.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres écoles qui souhaitent mettre en œuvre des initiatives de cuisine en plein air?

AS : Nous avons surtout appris qu’il était important d’avoir des politiques claires et concises pour que les employés de Roots to Harvest puissent dissiper les inquiétudes et mettre en place des pratiques permettant de protéger la santé de toutes les personnes concernées.

Les animateurs et les enseignants ont aussi parlé de leurs attentes et préoccupations relatives aux programmes d’alimentation en plein air. Ces échanges ont permis à tout le monde de comprendre dès le départ ce qui était ou non possible ou sécuritaire. La transition s’est aussi révélée plus facile après que nous avons établi quelques activités favorites et appris à connaître et à organiser le matériel.

Enfin, nous savons que la COVID-19 a été difficile pour tout le monde et que de nombreux élèves ont été contraints à faire de l’apprentissage en ligne, assis devant un écran d’ordinateur, pendant des jours et des jours. La simple possibilité de faire une activité pratique, tactile et généralement agréable en lien avec l’alimentation, c’est ce qui nous a permis d’être flexibles, de nous adapter et d’assurer le bon déroulement de ces ateliers avec nos partenaires.

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