« Je suis reconnaissant qu’ils [les étudiants] aient ce programme et je veux que d’autres nations introduisent également ce programme dans leurs communautés. » Clifford Gladue

En prenant une tasse de thé et en mangeant du bannock avec un Aîné de sa communauté, Clifford Gladue a appris l’existence d’un document important, la déclaration de souveraineté alimentaire des Premières Nations de l’Alberta. Ce document a été créé grâce à la collaboration des Premières Nations de l’Alberta.  

Dans la conversation que Clifford a eue avec l’aîné, ce dernier a déclaré : « Nous perdons notre langue et nous perdons la nourriture traditionnelle que nous mangeons, et beaucoup de jeunes n’ont jamais connu cela auparavant ». Clifford a été intrigué par la déclaration et a demandé s’il pouvait la voir. En tant que gestionnaire des services alimentaires de la KTCEA, il voulait faire sa part et permettre aux étudiants d’avoir accès à la nourriture traditionnelle.  

Atikameg School

La KTCEA est composée de cinq Premières Nations – Woodland Cree, Lubicon Lake Band, Whitefish Lake, Loon River et Peerless Trout. Ces cinq Premières Nations comptent six écoles : l’école Atikameg, l’école Cadotte Lake, l’école Clarence Jaycox, l’école Elizabeth Quintal, l’école Kateri et l’école Little Buffalo. La population étudiante des six écoles est d’environ 1100 élèves de la maternelle à la douzième année. La KTCEA a un conseil qui supervise l’éducation des écoles de ces cinq Premières Nations. Ce conseil est composé de trois personnes provenant de chacune des cinq communautés des Premières Nations. 

Après avoir lu la déclaration sur la souveraineté alimentaire des Premières Nations de l’Alberta, Clifford a approché le conseil d’administration de la KTCEA pour obtenir l’autorisation de servir des aliments traditionnels dans les six écoles. Après avoir reçu le soutien et l’approbation du conseil, Clifford a rencontré les cuisiniers pour voir s’ils accepteraient de servir des aliments traditionnels dans le cadre du menu du déjeuner. Après avoir obtenu un consensus sur cette idée, Clifford a commencé à rencontrer des Aîné(e)s, des agent(e)s de santé et de sécurité environnementale et des diététicien(ne)s des gouvernements fédéral et provincial ainsi que du département de la pêche et de la faune. Clifford a travaillé avec les gouvernements provincial et fédéral pour que la nourriture traditionnelle soit servie dans les écoles. Après onze mois de discussions et de nombreuses réunions hebdomadaires, un accord a été conclu pour que KTCEA soit un projet pilote pendant deux ans, ce qui a fait de lui le premier conseil à servir de la nourriture traditionnelle dans ses écoles au Canada. Les six écoles ont reçu un certificat qui devait être placé dans leur cuisine. Ce certificat indiquait qu’elles étaient autorisées à stocker, cuisiner et servir du gibier sauvage.

L’introduction d’aliments traditionnels dans les écoles est guidée par un processus qui comprend les éléments suivants :

  • Les chasseurs doivent chasser sur leur territoire traditionnel et doivent avoir un permis d’armes à feu pour utiliser et porter une arme ; toutes ces informations doivent être notées sur les formulaires qui sont fournis.
  • Les chasseurs reçoivent des sacs, des étiquettes et des formulaires de Clifford avant chaque chasse. Pour prouver qu’ils ont l’intention de chasser, les chasseurs doivent avoir sur eux leurs informations, y compris les formulaires, au cas où ils rencontreraient un agent du service de la pêche et de la faune. 
  • Le personnel des cuisines doit remplir une partie spécifique des formulaires une fois qu’ils ont reçu l’orignal ou le poisson. 
  • Tous les formulaires remplis sont retournés à Clifford, qui les envoie à Services aux Autochtones Canada pour montrer qu’il suit la procédure appropriée.

Clifford a reçu une formation sur la façon d’accepter et d’examiner la viande. Tant qu’il envoie les formulaires, il n’a pas besoin d’envoyer des échantillons de viande à la personne qui se charge d’inspecter l’hygiène du milieu. Il est tenu d’informer l’inspecteur(trice) de la santé environnementale lorsque de la viande traditionnelle sera servie et l’inspecteur(trice) se rendra dans les écoles ou l’entrepôt pour procéder à une inspection.

Cadotte Lake School

En tant que responsable du service alimentaire, Clifford travaille avec les cuisiniers et le personnel de cuisine de chaque école. Il aide à commander les aliments, à élaborer le menu et à soutenir le personnel si nécessaire. L’équipe compte 16 personnes, dont Clifford. Au début, il a rencontré tous les cuisiniers et les cuisinières pour élaborer un menu standardisé que toutes les écoles devaient suivre. Cela a permis de faciliter les commandes de nourriture et de s’assurer que les élèves mangent des aliments sains. Au cours des deux dernières années, la plupart des aliments transformés ont été supprimés du menu. Les élèves ont accès au petit-déjeuner, au déjeuner et au goûter tous les jours. Tous les aliments sont offerts gratuitement aux élèves. Maintenant, Clifford rencontre les cuisiniers une fois par mois pour discuter des menus et pour savoir s’il y a des problèmes avec la nourriture.

La viande de l’orignal est utilisée pour le programme de repas. Les autres parties comestibles, comme le cœur, le nez et la langue, ne sont pas servies aux élèves, mais sont à la disposition des Aîné(e)s qui en veulent. La peau est également disponible pour les Aîné(e)s, donc rien n’est gaspillé. Tout élève qui souhaite participer au programme de repas traditionnel doit faire signer un formulaire de consentement par un parent. Pour les élèves qui ne veulent pas participer au programme de repas traditionnel, les cuisiniers et cuisinières préparent un autre repas ce jour-là. 

Le projet à long terme de Clifford est « de proposer [le repas traditionnel] plus de deux fois par mois. Mon plan est de 5 ou 6 fois par mois à l’école ». « J’aimerais faire venir des castors, des lapins mais aussi, je veux que les élèves apprennent à connaître les animaux, le cercle de la vie. Comment tout le monde s’entraide. Je veux aussi introduire les herbes aromatiques. Les élèves ont beaucoup à apprendre des gardien(ne)s du savoir et des Aîné(e)s. Donc, je veux aider à apporter toutes ces choses à travers les services alimentaires. »

En collaboration avec le programme de repas traditionnel, il existe un programme d’apprentissage axé sur la terre. Dans le cadre du programme d’études de la KTCEA, les élèves ont accès à un programme d’apprentissage axé sur la terre dans leurs écoles, où ils apprennent la chasse, le piégeage, le dépeçage et d’autres connaissances traditionnelles. En outre, les élèves sont devenus plus impliqués dans la chasse dans leurs zones traditionnelles. Ils font des promenades dans la nature avec les enseignant(e)s et les Aîné(e)s sont invités dans les écoles pour parler des plantes et de leur utilisation.


Feeding the spirit of First Nations students

Moose steaks sizzle in a pan. A new school meal plan program at six Alberta First Nations schools includes wild game. Ariel Fournier/CBC

From moose stew to buffalo sausage, a new program is giving students at six Cree schools in Alberta a taste of their culture and traditions

https://www.cbc.ca/newsinteractives/features/alberta-first-nations-wild-meat-school-meal-program

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